La ménopause à trente ans n'est ni métaphore ni hyperbole. L'IOP touche une femme sur cent avant quarante ans et une sur mille avant trente. Ce qui se passe, pourquoi — et ce qu'on peut faire.
En 1942, le gynécologue américain Fuller Albright décrivit un phénomène qu'il appela alors 'ménopause prématurée'. De jeunes femmes — certaines n'ayant pas encore trente ans — présentaient un tableau hormonal typique du climatère : FSH élevé, oestrogène bas, arrêt des menstruations. La nature du phénomène demeura longtemps mystérieuse.
Aujourd'hui nous en savons bien davantage. Le terme 'ménopause prématurée' a été remplacé dans la pratique médicale par 'insuffisance ovarienne prématurée' (IOP) — et ce n'est pas un simple changement de nom. La ménopause est irréversible. L'IOP ne l'est pas, du moins pas toujours. Jusqu'à dix pour cent des femmes avec un diagnostic d'IOP conçoivent spontanément, sans traitement.
L'IOP est la réduction ou la cessation de la fonction ovarienne chez les femmes de moins de quarante ans. Le diagnostic est établi sur trois critères :
Dans la majorité des cas — environ quatre-vingt-dix pour cent — la cause de l'IOP reste inconnue. Parmi les causes établies :
Le traitement hormonal substitutif (THS) est la pierre angulaire de la prise en charge de l'IOP. L'objectif est de compenser le déficit en oestrogènes et progestérone, protégeant les os, le cœur et le système nerveux. Les préparations standard contiennent de l'oestradiol (voie transdermique préférentielle) et de la progestérone micronisée. La FIV avec don d'ovocytes dans l'IOP est l'un des scénarios les plus réussis en médecine reproductive : les ovaires ne jouent aucun rôle, l'utérus fonctionne normalement, et les taux d'implantation avec des ovocytes de donneuse sont élevés. Jusqu'à dix pour cent des femmes atteintes d'IOP conçoivent spontanément.
L'IOP n'est pas la ménopause, même si elle lui ressemble hormonalement. C'est un état aux causes hétérogènes, à l'évolution imprévisible et aux possibilités thérapeutiques réelles. Le THS protège la santé. La FIV avec don d'ovocytes ouvre la voie à la grossesse pour la plupart des femmes atteintes d'IOP. Les grossesses spontanées surviennent. Et bien que le diagnostic brise les attentes, il ne ferme pas la porte à la maternité — il en change le chemin.