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Convention avec donneur connu : ce qu'il faut y mettre

§ 01

Quand on envisage une conception avec quelqu'un que l'on connaît personnellement — un ami, une connaissance ou une personne rencontrée sur une plateforme de coparentalité — un accord écrit n'est pas une formalité administrative. C'est une protection concrète pour les deux parties. Ce document fixe noir sur blanc ce que chacun a compris et accepté avant que la médecine entre en jeu, et réduit considérablement les risques de malentendus ou de litiges ultérieurs.

≈30%des conceptions en famille alternative via un donneur connu
6 moisquarantaine standard du sperme
5sections essentielles de toute convention
Jour 1signer avant tout acte médical

Une convention avec donneur connu est un contrat privé entre la receveuse et le donneur. À la différence d'un don anonyme via une banque de sperme, les deux personnes se connaissent — ou apprennent à se connaître autour d'un projet commun. C'est précisément pour cette raison que le document doit être précis, clair et signé avant toute procédure médicale.

La clause la plus importante porte sur la filiation : le donneur renonce-t-il à tous ses droits et obligations parentaux ? Ou bien les deux parties conviennent-elles d'une forme d'implication dans la vie de l'enfant ? Les deux options sont possibles, mais elles impliquent des formulations juridiques très différentes et des niveaux de détail bien distincts dans le texte.

§ 02

Les arrangements financiers méritent aussi d'être précisés. Qui prend en charge les frais médicaux ? La receveuse rembourse-t-elle le bilan de santé du donneur ? Y a-t-il une compensation pour son temps ? Mettez ces réponses par écrit, même si elles semblent aller de soi. Les souvenirs divergent avec le temps, et ce qui paraissait une évidence peut devenir source de mésentente deux ans plus tard.

La question de la confidentialité doit aussi être traitée : qui sera informé de la participation du donneur, et à quel moment ? C'est particulièrement délicat si les deux parties ont des relations communes ou évoluent dans les mêmes cercles professionnels. La convention doit aussi prévoir une politique de révélation à l'enfant : à quel âge et de quelle manière lui parlera-t-on de ses origines.

Le contact futur est l'une des questions les plus sensibles dans ce type d'arrangement. Les parties doivent s'accorder sur le rôle que jouera le donneur — ou non — dans la vie de l'enfant : ami de la famille, figure d'oncle, ou aucun contact. Cette conversation difficile est bien plus facile à mener avant la conception qu'après la naissance.

CritèreDonneur sans rôleAmi de la familleCo-parent
Droits parentauxIntégralement cédésIntégralement cédésGarde partagée
Obligation financièreAucuneAucuneQuote-part convenue
Contact avec l’enfantAucunOccasionnelRégulier
Type de documentConvention KDA standardConvention KDA standardPlan de co-parentalité
Complexité juridiqueFaibleMoyenneÉlevée
§ 03

La convention devrait aussi prévoir ce qui se passe en cas de décès de l'une des parties. L'enfant a-t-il des droits successoraux ? Que se passe-t-il si la receveuse entame une nouvelle relation ? Ces scénarios peuvent sembler lointains, mais c'est leur traitement qui donne au document une vraie solidité juridique.

Sur le plan légal en France, les conventions avec donneur connu n'ont pas de valeur contraignante absolue en matière de filiation. Les tribunaux aux affaires familiales statuent en fonction de l'intérêt supérieur de l'enfant et peuvent reconnaître une paternité malgré un accord contraire. La rédaction avec un avocat spécialisé en droit de la famille est donc vivement recommandée.

Si vous envisagez une insémination en centre agréé, renseignez-vous en amont sur sa politique concernant les donneurs connus. Beaucoup exigent une convention signée avant de démarrer le traitement, ainsi qu'un bilan médical du donneur — analyse de sperme, dépistages infectieux, parfois quarantaine de l'échantillon.

Cadre juridique
  1. Une convention rédigée par un avocat spécialisé en droit de la reproduction a beaucoup plus de poids en justice qu’un modèle téléchargé en ligne.
  2. Les tribunaux agissent dans l’intérêt de l’enfant — un juge peut outrepasser tout accord privé entre adultes.
  3. L’opposabilité varie selon les pays : ce qui est contraignant dans une juridiction peut être nul dans une autre.
§ 04

Même la convention la mieux rédigée ne remplace pas une vraie conversation. Ce document formalise des accords déjà conclus. Si cette conversation n'a pas encore eu lieu, commencez par là — et rendez-vous ensuite chez l'avocat. La convention reflétera alors de vraies volontés, et non une façon d'esquiver les sujets qui fâchent.

Ne pas négliger le dialogue
  1. La convention ne fait que formaliser ce qui a été décidé — elle ne peut pas créer une compréhension mutuelle inexistante.
  2. Si l’une des parties est mal à l’aise avec une clause, réglez cela avant de signer, pas après la naissance de l’enfant.
  3. Revisitez la convention lorsque la vie change sensiblement : nouveau partenaire, déménagement, évolution de l’avis sur le contact.
§ 05

Checklist des clauses essentielles et opposabilité juridique selon la juridiction

Un accord de donneur connu bien rédigé (parfois appelé contrat de donneur connu ou convention de don dirigé) doit couvrir au moins douze domaines. Utilisez la liste ci-dessous comme point de départ, puis travaillez chaque point avec un avocat spécialisé en droit de la famille ou en droit de la procréation avant de signer.

ClauseCe qu'il faut préciser
1. Identité des partiesNoms légaux complets, adresses, numéros de documents d'identité
2. Renonciation aux droits parentauxRenonciation explicite à tous droits et obligations, ou arrangement partagé défini
3. Responsabilités financièresQui paie le bilan biologique, les actes médicaux et éventuellement la compensation du donneur
4. Bilan médicalDépistage IST, spermogramme, bilan génétique — qui organise, qui paie, qui accède aux résultats
5. Méthode de conceptionInsémination à domicile ou en clinique ; IIU ou FIV ; destination des échantillons non utilisés
6. ConfidentialitéQui peut être informé de l'implication du donneur, et quand
7. Information de l'enfantÂge et modalités convenus pour révéler ses origines à l'enfant
8. Contact futurAucun contact / contact occasionnel / rôle défini — avec conditions précises
9. Décès du ou de la bénéficiaireDroits successoraux, tutelle, obligations de notification du donneur
10. Décès du donneurUtilisation d'échantillons post-mortem (le cas échéant), information de l'enfant
11. Modification et révisionComment l'accord peut être modifié ; révision recommandée lors des événements majeurs

France. La loi de bioéthique française (dernière révision 2021) encadre strictement la PMA : le don de gamètes est anonyme dans les centres autorisés par l'Agence de la biomédecine. La donation dirigée (don connu) n'est pas autorisée en France dans les établissements agréés. Un accord privé avec un donneur connu pour une insémination à domicile n'a aucune valeur opposable : le tribunal peut établir la paternité indépendamment de tout contrat. Seul un passage par un centre agréé, dans le cadre légal de la PMA, offre un vrai statut juridique.

Belgique et Suisse. La Belgique autorise le don connu dans certains centres sous conditions strictes. La Suisse interdit la PMA pour les femmes seules et les couples de femmes dans les centres publics, mais le cadre juridique évolue. Dans les deux pays, un accord privé a une valeur probatoire limitée sans cadre institutionnel.

Ce qu'il faut retenir sur l'opposabilité
  1. Voie clinique + accord signé = protection juridique maximale dans presque toutes les juridictions.
  2. Insémination à domicile + accord signé = document moral à valeur juridique limitée.
  3. Aucun accord écrit = incertitude juridique maximale pour les deux parties.
§ 06

L'essentiel à retenir

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